Zweig___Joueur_d_echec

Mon avis

Une nouvelle poignante à propos de la barbarie Nazie mais aussi de la passion d'un jeu. Plus exactement, la seule occupation du personnage, son passe-temps, qui deviendra passion et qui le rongera de l'intérieur, après avoir acquis une extrême force, et l'entraînera lentement vers la folie. C'est ce même caractère de passion que j'ai trouvé pour la seconde fois chez Zweig, mais traitée différemment.

C'est le 3e récit de Zweig que je lis et je l'ai énormément apprécié, même si j'ai eu du mal à entrer dedans... Sur 20 pages environ, on s'ennuie, le temps de rentrer dans l'histoire et puis, je ne pouvais plus lacher mon livre ! En cours, dès que j'avais une pause, je le continuais. Il se lit d'une traite, facile à comprendre.
Zweig manie Histiore et psychologie avec habileté et nous permet de comprendre la détresse morale du personnage (et donc des personnes qui ont été dans la même situation que lui pendant la Seconde guerre mondiale), pendant son isolement.
Bref, je vous le recommande vivement !

Quatrième de couverture Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, " pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons ".



Prisonnier des nazis, Monsieur B., en dérobant un manuel d'échecs, a pu, à travers ce qui est devenu littéralement une folle passion, découvrir le moyen d'échapper à ses bourreaux. Libéré, il se retrouve plus tard sur un bateau où il est amené à disputer une ultime partie contre le champion Czentovic. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire... Quand ce texte paraît à Stockholm en 1943, Stefan Zweig, désespéré par la montée et les victoires du nazisme, s'est donné la mort l'année précédente au Brésil, en compagnie de sa femme. La catastrophe des années quarante lui apparaissait comme la négation de tout son travail d'homme et d'écrivain. Le joueur d'échecs est une confession à peine déguisée de cette désespérance.